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Littératures contre-culturelles en Amérique latine (XXe et XXIe siècles)

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Du 15 juin 2017 au 16 juin 2017
Salle des Colloques 2 à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 - Site Saint-Charles

Le terme de contre-culture est apparu au XXe siècle, dans les années soixante, pour désigner l’apparition de mouvements de contestation de la jeunesse contre la culture dominante. Communes, amour libre, pacifisme, hédonisme, drogues psychédéliques, féminisme, mysticisme, errance, figurent parmi ses traits distinctifs. Si la contre-culture est née aux États-Unis, elle s’est rapidement propagée en Amérique latine où, de façon inespérée, elle a trouvé une voie d’expression privilégiée dans la littérature, notamment dans le Mexique des années soixante et soixante-dix, avec la dénommée littérature de la Onda. Son plus célèbre protagoniste, l’écrivain mexicain José Agustín considère que la contre-culture « embrasse toute une série de mouvements et d’expressions culturels, pour la plupart de jeunesse, et collectifs, qui, depuis les marges, dépassent, réfutent et affrontent la culture institutionnelle » (José Agustín, La contracultura en México, p. 129). Bien que pour certains auteurs le concept de contre-culture puisse renvoyer à toute forme d’expression culturelle ou artistique contestataire ou de résistance, ce colloque portera sur la production littéraire des années soixante à nos jours. Si les textes des écrivains de la Onda et leurs émules restent les plus représentatifs de l’esprit contre-culturel, on peut citer aussi, par exemple, les efímeros pánicos du Chilien Alejandro Jodorowski, le roman ¡Qué viva la música! (1977) du Colombien Andrés Caicedo ou, plus récemment, les romans des Mexicains Guillermo Fadanelli et Carlos Velázquez. La production littéraire contre-culturelle, dans sa veine narrative, poétique ou dramatique, pourra être envisagée, notamment, à travers le prisme de la révolte et du discours des jeunes, de la consommation de drogues, de l’errance, de l’amour libre, de l’utopie, du retour à la nature, de l’excès, de l’univers du rock et d’autres mouvements musicaux comme le punk et la techno, du refus de la norme et/ou des institutions littéraires et sociales. L’objectif de ce colloque est donc de constituer un corpus et d’ébaucher les principales lignes d’une poétique des littératures contre-culturelles en Amérique latine : quelles œuvres, quels auteurs et quels groupes peuvent intégrer ce corpus ? Quels univers référentiels, quels discours, quels genres, quels imaginaires, quelles esthétiques les caractérisent ? On pourra également s’interroger sur leur portée politique mais aussi analyser leurs moyens de diffusion (revues, supports et maisons d’édition). Peut-on encore parler de littératures contre-culturelles en Amérique latine au seuil du XXIe siècle ? Si tel est le cas, s’agit-il d’une continuité ou d’un renouvellement des formes et des enjeux apparus dans les années soixante ?

Dernière mise à jour le 19/09/2017 - 10:49