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Parution de "Politique américaine" numéro 31

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05/11/2018

Revue publiée en partenariat avec l’Institut des Amériques

 

La revue "Politique Américaine", qui est classée par le HCERES comme revue de "rang A" en science politique (revue à comité de lecture), publie son numéro 31, "Trump, la gouvernance du chaos". Revue publiée en partenariat avec l'IdA.

Éditorial - Alexandra de Hoop Scheffer (German Marshall Fund of the United States) et François Vergniolle de Chantal (Université Paris Diderot).

Introduction - Vincent Michelot (Sciences-Po Lyon) - Donald Trump: gouverner autrement?

Entretien avec Zachary Courser (Claremont-McKenna College, Californie).

Entretien avec Raymond J. La Raja (University of Massachusetts - Amherst).

Entretien avec Andrew Rudalevige (Bowdoin College, Maine).

Entretien avec Joseph White (Case Western University, Ohio).

Les médias d'information américains à l'épreuve du populisme autoritaire de l'administration Trump - Sébastien Mort (Université de Lorraine).

La présidence Trump a installé un climat politique menaçant pour les médias d’information grand public. En partant de la prémisse que celle-ci incarne une forme de populisme autoritariste, cet article développe la thèse que Donald J. Trump déploie 4 types de stratégies d’intimidation : menaces de représailles institutionnelles, manoeuvres d’opacification de la communication sur le processus décisionnaire, remise
en cause de l’éthique des journalistes, et encouragements adressés à ses partisans à exprimer leur colère contre les médias.

"Une nouvelle ère?" défense et stratégie des Etats-Unis après la première année de l'administration Trump - Olivier Zajec (Lyon 3).

Depuis le 6 novembre 2016 et l’entrée en fonction du 45e président des États-Unis, les décisions de ce dernier ont donné lieu à de très nombreux questionnements sur la direction stratégique qu’il souhaitait impulser à la première puissance militaire mondiale. Au milieu d’un brouillard analytique qui devrait se prolonger, les décisions prises par Donald Trump en matière de sécurité et de défense constituent néanmoins un repère assez éclairant des priorités du nouvel exécutif. Structurées par un certain nombre de documents doctrinaux et budgétaires, orientées par nature sur le long terme capacitaire et technologique, ces orientations fournissent une échelle de mesure permettant de juger de l’écart entre la politique de sécurité traditionnelle des États-Unis et le cap spécifique que l’administration nouvelle pourrait lui donner. En la matière, les évolutions
semblent l’emporter sur les révolutions, ce que le présent article suggère en analysant le premier budget militaire de l’administration Trump, et l’adaptation des doctrines militaires américaines à la « nouvelle ère » que laissent entrevoir tant la nouvelle National Defense Strategy, publiée en janvier 2018, que la National Security Strategy rendue publique en décembre 2017, dans la foulée du bouclage du budget fédéral.

VARIA:

Le lobby juif pro-israelien des Etats-Unis et la (difficile) validation de l'accord sur le nucléaire iranien par le Congrès en 2015 - Marion Pélouard (IFG - Paris 8) & Julien Zarifian (Université de Cergy-Pontoise).

L’accord international sur le nucléaire iranien signé en juillet 2015, qui vise à empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire, est alors jugé historique par l’administration Obama mais pas assez strict par le gouvernement israélien. Également critiqué aux États-Unis par l’opposition républicaine, il est soumis à un vote de blocage au Congrès en septembre 2015. Les groupes de pression juifs américains prennent position pour ou
contre l’accord et mènent des campagnes de lobbying pour ou contre son adoption au Congrès. Les organisations de l’establishment comme l’AIPAC et l’AJC et d’autres groupes conservateurs comme The Israel Project cherchent à convaincre les élus de voter contre l’accord, tandis que les organisations progressistes telles que J Street et l’Americans for Peace Now militent pour le faire adopter – montrant ainsi le clivage de ces groupes. Finalement, le Congrès entérine le passage de l’accord. Ce vote s’explique largement par l’influence de Barack Obama sur les élus démocrates mais marque aussi une défaite et une baisse d’influence – relative – des groupes juifs pro-israéliens de l’establishment et un succès des groupes plus récents – succès tout aussi relatif, d’autant que le successeur d’Obama à la Maison blanche, Donald Trump, fera sortir son pays de l’accord en mai 2018.

Obama et le renseignement: une présidence entre volonté de rupture et impératif de continuité - Raphaël Ramos (Université Montpellier 3).

Le bilan de Barack Obama dans le domaine du renseignement fait apparaître de nombreuses ambiguïtés, révélatrices d’une présidence oscillant entre une volonté de rupture et un impératif de continuité. Si le candidat a utilisé cette thématique pour se démarquer de son prédécesseur, notamment d’un point de vue moral, le commandant en chef est apparu beaucoup plus pragmatique. En matière de surveillance électromagnétique et d’action clandestine, Obama a perpétué et, dans certains cas, accentué des programmes mis en oeuvre après 2001. Ce n’est qu’en réaction à des controverses qu’Obama a procédé à des modifications mineures, s’inscrivant ainsi, à sa façon, dans la traditionnelle ambivalence des élites américaines à l’égard du renseignement.

Retour sur le Project for the New American Century (1997-2006) et le 'moment néoconservateur' post-Guerre froide" - Pierre Bourgois (Université de Bordeaux).

Il y a 20 ans naissait le Project for the New American Century, think tank néoconservateur controversé dont l’objectif principal fut la promotion du leadership américain dans le monde. Fondé en 1997, le PNAC joua ainsi un rôle important dans la diffusion des idées néoconservatrices « dernière génération », que l’on considère généralement comme responsables de la politique étrangère menée par George W. Bush et plus particulièrement, des interventions militaires menées en Afghanistan et en Irak. Le PNAC est dissous en 2006 dans un contexte de crise globale pour le néoconservatisme américain. La trajectoire de son remplaçant, le Foreign Policy Initiative (2009-2017), ne fait finalement que confirmer la perte d’audience plus générale de ce courant de pensée. Ainsi, le PNAC semble pleinement incarner le « moment néoconservateur »
post-Guerre froide.

Compte-rendu d'ouvrages (section réalisée sous la direction d'Alix Meyer, Université de Bourgogne).
Christophe Deroubaix, L’Amérique qui vient, Paris, Les Éditions de
l’Atelier, 2016, 157 p.

Dernière mise à jour le 22/11/2018 - 15:19