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Brésil(s) n°18 | Habiter: maison et espace social

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Parution de Brésil(s) n°18 | Habiter: maison et espace social

Une famille confinée de classe moyenne, tous dans le même lit, l’image de la ville inversée apparaissant au-dessus de leur tête. La photographie est doublement réflexive: c’est une mise en scène de la camera obscura, le dispositif optique originel dans lequel l’image se projette à l’envers; c’est aussi, l’extérieur qui envahit l’intérieur, la ville, temporairement interdite, présente malgré tout sous une forme inatteignable, spectrale et énigmatique. Le portrait que Leonardo Savaris a pris de sa famille, dans sa maison, répond au projet collectif conçu par Bruno Alencastro. Dans le cadre de la pandémie de la Covid-19, ce dernier a demandé à plus d’une douzaine de photographes brésiliens confinés de transformer une pièce de leur maison en «chambre obscure» afin de saisir les nouvelles conditions de l’habiter, ses contraintes et ses usages. Ce que cette image de la vie domestique nous rappelle et que la pandémie nous a fait vivre de façon inédite dans nos sociétés contemporaines, c’est que la maison, bien plus qu’un refuge, qu’un lieu de réconfort et un espace de préservation de l’intimité, est un espace poreux, un microcosme du monde social, un espace physique et symbolique où les différents marqueurs sociaux – genre, génération, race et classe sociale – trouvent leur place. Si le thème de la maison semble soudainement d’actualité, ce dossier, mis en chantier avant la pandémie de la Covid 19, a été pensé dans le cadre d’une longue tradition en sciences sociales qui a traité les rapports sociaux dans l’habitat. Les articles de ce dossier nous montrent que le cadre analytique de la maison est un angle d’approche original permettant de saisir certains sujets à nouveaux frais. Avec ce cadre, des questions telles que le temps et l’espace, l’intimité et la collectivité, ainsi que la vie concrète et symbolique de groupes sociaux peuvent être analysées. Toute maison, à cause de ses habitants et de son contexte social et politique, fait partie d’un réseau de relations sociales mobilisant l’imaginaire, la personne, la famille, la société et l’État. La maison n’est ni seulement le produit d’individus, ni exclusivement l’espace réservé à l’intimité familiale. Comme le montrent tous les auteurs, ces notions ne doivent pas être définies a priori, mais doivent se comprendre à partir de l’analyse des pratiques des agents dans la vie domestique quotidienne. Dans ces études, l’espace de la maison n’est donc pas un simple décor ou le fond insignifiant des relations sociales: c’est un creuset où se matérialisent des distances et des distinctions à la fois symboliques et physiques permettant d’appréhender la diversité des modes de vie au Brésil.

À lire sur le site de la revue.

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Dernière mise à jour le 02/12/2020 - 11:12