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Élections présidentielles de 2020 : Quels États-Unis ?

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15/06/2020

Elections présidentielles de 2020 : Quels États-Unis ? 

Journée d'études du 22 octobre 2020

Près de trois ans après l’élection surprise du Républicain Donald Trump, les États-Unis arrivent déjà à un tournant avec la fin du « premier » mandat du successeur de Barack Obama. Malgré des dissensions internes et les difficultés récurrentes à contrôler les dérives médiatiques et politiques du président, personne au sein du Parti républicain ne s’est élevé pour concurrencer Donald Trump dans sa quête d’un second mandat. Le sens de l’histoire veut, en effet, que le président sortant soit réélu, puisque depuis le début de la présidence moderne sous Franklin Delano Roosevelt, seuls trois présidents (Gerald Ford, Jimmy Carter et G.H. Bush) ont été battus dans leur tentative de réélection. Au sein du Parti démocrate, après la déroute d’Hillary Clinton, une vague de changement semblait s’être mise en route, comme l’attestèrent les résultats des midterms de novembre 2018, qui marquèrent l’émergence de nouvelles figures politiques issues souvent des minorités. C’est dans ce contexte que le Parti démocrate avait lancé, officieusement, et, bien avant l’heure, ses primaires, au cours desquelles pas moins d’une vingtaine de candidats cherchèrent à décrocher la nomination. Parmi ces hommes et ces femmes politiques, les observateurs ont pu suivre, notamment, l’ancien vice-président Joe Biden, Bernie Sanders, mais également Elizabeth Warren, Kamala Harris, Cory Booker, Amy Klobuchar, Beto O’Rourke ou encore Pete Buttigieg. Si certains candidats ont pu, un temps, espérer incarner un renouveau identitaire en phase avec une grande partie de l’électorat démocrate, la campagne des primaires s’est finalement jouée sur l’orientation idéologique entre l’aile centriste et l’aile progressiste, voire socialiste. Finalement, alors qu’un duel entre Joe Biden et Bernie Sanders se dessina dès la fin du mois de février, l’émergence de la crise sanitaire sans précédent du Covid-19 a totalement rebattu les cartes, mettant brutalement la campagne à l’arrêt. Mi-avril, Bernie Sanders décida finalement de se retirer pour laisser vraisemblablement la nomination à Joe Biden en vue d’unir le parti pour battre Donald Trump en novembre. De réelles questions de fond se posèrent pour un parti en reconstruction qui a longtemps chercher à déterminer la stratégie à suivre, en oscillant entre anti-trumpisme avoué et projet politique viable et crédible pour convaincre non seulement les électeurs démocrates déçus, mais surtout les indécis indépendants, qui représentent toujours la clé dans une élection présidentielle américaine. Néanmoins, désormais, c’est la gestion de la crise et l’incertitude liée à la pandémie de Covid-19 qui risque d’être au cœur des débats entre le président sortant dont le bilan économique initialement bon va être remis en question par le contexte sanitaire, et un Joe Biden fort de son expérience sous la présidence Obama.

En termes de stratégie électoral, la victoire des Démocrates dépendra de leur capacité à récupérer le « Blue Wall » acquis par Donald Trump en 2016, c’est-à-dire les États du nord-est traditionnellement démocrates, mais qui ont basculé dans le camp républicain lors du dernier scrutin. Les Démocrates devront également impérativement mobiliser les minorités raciales, quelques décennies avant la bascule annoncée vers un « majority-minority » paysage démographique. Le vote noir, dans de larges proportions, ainsi que le vote latino, seront indispensables à la reconquête de la Maison-Blanche, tout comme la mobilisation du vote féminin, à l’heure où certains États du Sud, soutenus par de nouveaux juges très conservateurs à la Cour Suprême, ont renforcé leurs mesures anti-avortement. Dans un contexte de polarisation politique extrême, qui voit Démocrates et Républicains se déchirer dans un sectarisme idéologique et politique accru, les élections de 2020 – présidentielle et au Congrès – laissent entrevoir la possibilité d’une poussée progressiste à l’échelle nationale, qui doit néanmoins être nuancée par le maintien d’une forme de populisme conservateur façonné par les ambitions du président américain qui cherchera à capitaliser sur le « bully-pulpit » en temps de crise, après éliminer la menace de la destitution fin 2019, pour obtenir un second mandat. Entre questions institutionnelles, politiques, sociétales et sanitaires, les débats promettent des passes d’armes intéressantes entre Donald Trump et son celui qu’il surnomme « Sleepy Joe ». Ce sont ces questionnements que cette journée d’étude cherchera à analyser et à décrypter pour offrir une réflexion profonde sur l’état du pays après quatre ans d’une présidence mouvementée et polarisante qui semble avoir profondément divisé les États-Unis.

Les propositions soumises pourront donc s’articuler autour de trois axes :

  • Le premier interrogera le bilan du premier mandat de Donald Trump ainsi que ses perspectives de réélection : de son bilan économique qui, s’il reste positif malgré la crise sanitaire, risque de lui servir d’argument solide lors de la campagne de 2020, à la crise institutionnelle engendrée par sa vision du pouvoir, notamment à travers sa gestion du rapport Mueller et les éventuelles collusions qu’il y a pu avoir avec la Russie et l’Ukraine, les communicants pourront réfléchir sur les quatre années de Trump à la Maison Blanche. Tant en matière de politique intérieure que de politique étrangère, il s’est attaché à défaire ce qu’avait fait son prédécesseur. Les propositions pourront donc évaluer le tournant que l’élection de 2016 représente et l’impact qu’il laissera sur la société américaine qu’il s’agisse en matière d’éducation, d’économie, d’environnement, de fiscalité ou encore en matière de relations internationales, notamment avec l’Union Européenne, l’Iran, Cuba, la Corée du Nord, pour ne citer que quelques un des dossiers « tendus ». L’immigration et le protectionnisme ayant été deux sujets de prédilection du candidat Trump pendant la campagne de 2016, une attention particulière sera accordée aux propositions permettant de s’interroger sur les questions de sécurité aux frontières – notamment en faisant état de la construction du « beau et grand mur » qu’il avait promis d’ériger entre le Mexique et les Etats-Unis – de sa lutte contre l’immigration clandestine ou de sa réforme du système d’immigration. Les propositions abordant le sujet de la renégociation de l’ALENA – qui a eu lieu en 2018 après plusieurs menaces d’un retrait unilatéral du président américain – seront privilégiées ainsi que celles traitant de la future mise en place du nouvel accord (le USMCA) et, plus largement des relations que Washington entretient avec ses deux voisins terrestres que sont le Canada et le Mexique. Plus globalement, les organisateurs souhaiteraient mettre en place un atelier qui se questionnerait sur la position de Trump – et, par extension, des Etats-Unis – dans les Amériques à travers des communications sur sa gestion des relations bilatérales avec le Venezuela, le Mexique, la Colombie et Cuba, entre autres.
  • Le second axe se concentrera sur le projet démocrate, un parti en reconstruction. Les propositions souhaitant dresser un bilan des primaires afin d’analyser les sujets qui structureront les débats et permettront au parti Démocrate de définir un projet de société qu’il défendra en 2020 – entre anti-trumpisme et vision alternative – seront les bienvenues. Que retenir de la nomination probable d’un centriste expérimenté comme Joe Biden alors que l’aile progressiste n’avait jamais semblé être aussi forte. Les communicants souhaitant réfléchir sur le ticket présidentiel final et plus particulièrement sur les enjeux et stratégies liés au choix du candidat à la vice- présidence seront les bienvenues.
  • Un dernier axe s’attachera à analyser les enjeux et stratégies électoraux. Quels seront les sujets qui sur lesquels les candidats vont se concentrer ? Quelle stratégie le parti Démocrate mettra-t-il en place s’il souhaite reconquérir le « Blue Wall » que Donald Trump a réussi à séduire en 2016 – ou que fera l’actuel président pour conforter sa mainmise sur ces états frappés de plein fouet par la désindustrialisation et attirés par le discours protectionniste et anti-mondialisation du candidat républicain? Les propositions souhaitant analyser les enjeux liés aux « swing states », ces états-clés dont dépendront l’issue de l’élection, seront également les bienvenues : combien seront-ils ? De quels états s’agira-t-il ? Quelles seront les thématiques qui structureront la campagne d’ici 2020. Autant de questions, qui permettront de mieux saisir les enjeux de la future élection présidentielle. Par ailleurs, l’électorat américain étant fragmenté – idéologiquement, régionalement mais aussi racialement, une attention particulière sera dédiée aux communicants désirant réfléchir sur les différentes habitudes électorales des groupes stratégiques – que ce soit l’électorat afro-américain, l’électorat féminin, l’électorat latino, l’électorat LGBTQ... Enfin, l’élection de 2016 ayant été marquée par le phénomène des « fake news », l’importance des réseaux sociaux et des « nouvelles façons de faire de la politique », sans parler des attaques incessantes de Donald Trump – candidat et président – envers les médias, les communicants spécialistes de ces derniers et souhaitant proposer un éclairage sur le « nouveau » rôle de ces derniers dans la politique américaine seront les bienvenus.

Consulter l'appel en pdf (disponible en anglais) dans le fichier-joint

Informations pratiques

  • Date limite de candidatures : 15 juin 2020, à envoyer à : electionus2020@gmail.com
  • Comité organisateur : Gregory Albisson, Gregory Benedetti, Pierre-Alexandre Beylier
  • Date de l'événement : jeudi 22 octobre 2020
  • Lieu : Maison de Sciences de l'Homme
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Dernière mise à jour le 22/06/2020 - 11:11