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La violencia que no cesa. Exhumaciones, conflictos sociales y relatos en el Perú posconflicto

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Coloquio internacional "La violencia que no cesa. Exhumaciones, conflictos sociales y relatos en el Perú posconflicto"

Organisé par : Dorothée Delacroix, Ricardo Bedoya Forno, Tania Romero Barrios, Capucine Boidin et Valérie Robin Azevedo

En septembre 2000, le régime autoritaire d’Alberto Fujimori (1990-2000) s’effondre. La diffusion de vidéos montrant l’ampleur de la corruption généralisée au sommet de l’État déclenche une crise politique majeure qui se clôt par la fuite de Fujimori et sa démission par fax depuis le Japon. Dans ce contexte, le gouvernement de transition de Valentín Paniagua crée une Commission de la Vérité et de la Réconciliation (CVR). Celle-ci a pour but d’enquêter sur la période de violence politique (1980-2000) qui a opposé le Sentier Lumineux et le MRTA à l’État péruvien, laissant un bilan de près de 70 000 victimes et 20.000 disparus. Le rapport final de la CVR (2003) brise le récit officiel du fujimorisme qui a construit sa légitimité politique autour de la “pacification” du conflit armé interne. Il devient un texte fondateur pour réfléchir non seulement aux origines, conséquences et ampleur du conflit armé, mais aussi à la mise en place de politiques inspirées des procédures de justice transitionnelle.

Ce colloque vise à questionner l’impact du rapport final de la CVR en tant que grand récit « officiel » du conflit armé au Pérou. Quels sont ses caractéristiques, ses apports mais aussi ses limites dans la compréhension du conflit armé et de ses séquelles ? Quels usages ont été faits de ce métarécit dans le contexte de justice transitionnelle qui s’est imposé à partir des années 2000 ? Sur le plan des réparations aux victimes, quel bilan à 15 ans de la publication du rapport final ? Quelle influence la CVR a-t-elle exercé dans le déploiement de recherches académiques mais aussi dans la production artistique et littéraire péruvienne ?

Dans une perspective pluridisciplinaire, il s’agira d’analyser les répercussions des recommandations de la CVR et d’interroger « l’actualité » du conflit armé dans la société péruvienne. Peut-on considérer que le conflit s’est vraiment terminé en 2000, comme le suggère la CVR ? Que penser de la catégorie même de « post-conflit » ? Quelles séquelles perdurent ? Dans quelle mesure les multiples conflits sociaux qui secouent aujourd’hui le Pérou ou les violences qui touchent les femmes s’inscrivent-ils dans un « continuum de violence » ? La rhétorique autour de la « réconciliation », mise en avant par la CVR, n’est-elle pas devenue, au mieux, synonyme de statu quo, au pire d’impunité, lorsqu’elle est utilisée pour justifier la grâce accordée à Fujimori, exiger la libération de prisonniers du Sentier lumineux, ou amnistier les forces armées, tous responsables d’exécutions extrajudiciaires ?

Date: 29 mars 2019 | 9h00 - 13h00

Lieu: Amphithéâtre de l'IHEAL, 1er étage, 28 rue Saint-Guillaume, Paris 75007

Dernière mise à jour le 15/03/2019 - 14:04