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Penser l’après-guerre. Amériques latines (XIXème-XXème siècles), Univ Lille, organisé par Véronique Hébrard (Univ Lille) et Edward Blumenthal (Univ Paris Sorbonne nouvelle)

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Issues de processus de désintégration des empires européens portugais et espagnols, l’Amérique latine et les nations qui la composent ont été portées sur les fonds baptismaux dans des contextes de guerres d’indépendance de plusieurs années (voire décennies) dont le caractère civil et la violence qu’elles ont engendrée, ainsi que la complexité des dynamiques à l’œuvre, ont été appréhendés de façon renouvelée par l’historiographie latino-américaniste, tant qu’en Amérique qu’en Europe. Il en va tout autrement des après-guerres. Depuis une vingtaine d’années pourtant, pour la France et, plus largement, l’Europe, ce champ commence à être bien balisé, comme en témoignent les enquêtes novatrices autour des grands conflits du XXème siècle européen, mais aussi sur les guerres de décolonisation, que ces problématiques relèvent de l’histoire sociale, culturelle, du politique voire des relations internationales. En ce qui concerne l’Amérique latine, la période postérieure à la guerre froide, avec ses dictatures militaires et les guerres civiles, a été étudiée en termes de transitions démocratiques en y incluant les problèmes associés aux droits de l’homme et la justice transitionnelle.  

En revanche, cette problématique de l’après-guerre, dans toute sa diversité, n’a pas ou très peu été travaillée pour les périodes antérieures, qu’il s’agisse des guerres d’indépendance du début du XIXème, ou des conflits interaméricains qui secouent le continent tout au long du XIXème siècle et au cours des premières décennies du XXème. Guerres civiles, conflits de frontières de basse intensité, guerres multinationales comme les guerres du Paraguay (1864-1870), du Pacifique (1879-1883) ou du Chaco (1932-1935), dont la dimension civile est importante. Sur le premier et le dernier de ces conflits, des travaux plus conséquents ont certes été réalisés dans le cadre de projet de recherche internationaux et de publications collectives, mais les historiens se sont encore bien peu emparés de ce champ de recherche. De même fait encore largement défaut une réflexion épistémologique poussée sur les modalités de mises en œuvre des travaux sur ces problématiques (en fonction des angles d’approches choisis), ou sur les sources susceptibles de mettre à jour les différentes facettes que recouvrent ces après-guerres.

Cette journée d’études exploratoire vise donc à dresser un premier état des lieux historiographique sur ces questions dans les Amériques, en prenant pour borne de départ la première mobilisation armée du XIXème, à savoir les invasions anglaises de 1806 à Buenos Aires, jusqu’à la guerre du Chaco (1932-1935). 

 

Responsable de la notice : 
Véronique Hébrard (Université de Lille)
Dernière mise à jour le 29/05/2019 - 16:50